Mieux comprendre le bail à ferme
Le bail à ferme est le contrat agricole le plus répandu en Wallonie. Pour les propriétaires fonciers, comprendre ses implications est essentiel : il engage la disponibilité des terres agricoles et des bâtiments sur le long terme, influence la valeur patrimoniale, et structure la relation avec l’exploitant.
Chez SOGESA, nous accompagnons depuis plusieurs décennies des propriétaires privés et institutionnels dans une gestion rigoureuse, durable et sécurisée de leurs terres. Notre approche repose sur la clarté juridique, la transparence et la recherche de solutions adaptées à chaque situation.
Qu’est-ce que le bail à ferme ?
Le bail à ferme est un contrat par lequel un propriétaire met des terres ou des bâtiments agricoles à disposition d’un agriculteur en échange d’un fermage. Ce régime spécifique est régi par une législation stricte destinée à garantir la continuité des exploitations tout en protégeant l’intégrité du patrimoine foncier.
Ce type de bail s’applique exclusivement aux biens utilisés à des fins agricoles :
- terres de culture,
- prairies et pâtures,
- bâtiments affectés à l’activité agricole.
La particularité du bail à ferme réside dans sa durée longue et dans les protections reconnues à l’exploitant, ce qui en fait un outil juridiquement sensible pour les propriétaires.
Durée du bail et principe de renouvellement automatique
La loi prévoit une durée minimale de 9 ans, renouvelable automatiquement si aucune des parties n’exprime un congé dans les délais légaux.
Ce mécanisme vise à assurer une stabilité pour l’agriculteur, mais implique également pour le propriétaire une vision à long terme de la gestion de son patrimoine.
Concrètement, les possibilités de mettre fin à un bail à ferme en respectant le mécanisme de renom sont très limitées.
Le principal critère prévu par la loi est la reprise pour exploitation personnelle, qui exige que le repreneur soit agriculteur à titre principal, c’est-à-dire que la majorité de ses revenus professionnels proviennent d’une activité agricole. Dans la pratique, cette condition est très difficile à remplir car :
- la plupart des candidats repreneurs disposent déjà d’une activité professionnelle salariée ;
- il est impossible de générer des revenus agricoles majoritaires sur des terres qui, par définition, ne sont pas encore disponibles puisqu’elles sont louées et déjà exploitées par un tiers.
- Ce critère constitue la principale barrière empêchant un propriétaire de récupérer ses parcelles via un renom.
- D’autres situations peuvent toutefois entraîner la fin d’un bail, notamment :
- le non-paiement répété du fermage, pouvant conduire à une résiliation judiciaire devant le juge de paix ;
- la dégradation volontaire ou l’exploitation non conforme aux usages raisonnables ;
- le changement d’affectation du bien loué, contraire à sa destination agricole ;
- certains cas graves d’infraction aux obligations légales ou contractuelles du preneur.
Ces hypothèses existent mais restent limitées, confirmant le caractère très protecteur du bail en faveur de l’exploitant.
Les différents types de baux à ferme
Ce contrat court jusqu’à l’âge légal de la retraite du preneur. Il ne peut être conclu que si celui-ci a au maximum 35 ans lors de la signature. Il offre une visibilité claire sur une fin de bail, mais reste peu utilisé.
Cette formule garantit une stabilité encore supérieure. Dans certains cas, elle peut être transmissible, notamment via le mécanisme de scission privilégiée, dans lequel le propriétaire ne peut pas donner son avis.
Le preneur peut ainsi transférer le bail à l’un de ses descendants en ligne directe, à condition que celui-ci soit agriculteur. Le propriétaire ne peut ni s’y opposer ni en limiter l’effet.
Cela signifie qu’un bail de longue durée peut, en pratique, ne jamais connaître de terme, puisque le mécanisme peut se répéter de génération en génération, sans possibilité pour le propriétaire de mettre fin au contrat.
Le bail de fin de carrière est un mécanisme spécifique destiné à accompagner la cessation progressive de l’activité d’un agriculteur en fin de parcours professionnel.
Il permet au preneur d’organiser la fin de son exploitation sans créer un nouveau bail de longue durée au détriment du propriétaire.
Ce type de bail s’inscrit dans une logique transitoire, il vise à sécuriser la fin de carrière de l’exploitant tout en évitant l’enclenchement de droits supplémentaires susceptibles de prolonger indéfiniment l’occupation des terres.
Pour le propriétaire, le bail de fin de carrière constitue un cadre juridique encadré, mais qui doit être analysé avec attention, car ses effets patrimoniaux et sa durée effective peuvent varier selon les modalités retenues et l’âge du preneur.
Le fermage : cadre financier légal
Le montant du fermage est strictement encadré par des barèmes officiels qui tiennent compte :
- de la région agricole,
- de la qualité du sol,
- de l’usage prévu.
Ces barèmes assurent une cohérence des loyers agricoles et évitent les pratiques spéculatives.
Chez SOGESA, nous veillons toujours à ce que les calculs soient conformes, documentés et facilement vérifiables par le propriétaire.
Droits et obligations dans le bail à ferme
Obligations de l’exploitant
- maintenir les terres en bon état,
- respecter leur destination agricole,
- payer le fermage dans les délais,
- assurer une gestion conforme aux règles environnementales.
Obligations du propriétaire
- garantir une jouissance paisible,
- mettre les biens à disposition dans l’état convenu,
- respecter les protections légales attachées au bail.
La loi encadre également le bail à ferme
- la transmission du bail à ferme,
- les conditions de reprise,
- les cas de résiliation anticipée.

Le bail à ferme, une matière en évolution continue
Le cadre du bail à ferme a été revu à plusieurs reprises pour tenir compte :
- de l’évolution des pratiques agricoles,
- des enjeux environnementaux,
- des nouvelles formes d’organisation des exploitations,
- du besoin de sécuriser la relation propriétaire–agriculteur.
Cette dynamique impose une mise à jour régulière de la stratégie foncière, quelle que soit la taille du patrimoine concerné.
Des alternatives au bail à ferme dans un cadre légal maîtrisé
Certains propriétaires souhaitent une approche plus flexible leur permettant un encadrement des pratiques agricoles, des rotations spécifiques, une gestion patrimoniale active, des projets de transmission…
Dans ce contexte, il existe des solutions complémentaires, strictement conformes à la loi, permettant d’adapter la relation contractuelle sans prendre de risque et en toute transparence.
L’accompagnement SOGESA : une gestion foncière fiable et durable
Grâce à notre expérience – SOGESA existe depuis plus de 40 ans –, nous aidons les propriétaires à :
- comprendre précisément les implications juridiques de chaque option,
- sécuriser leurs relations contractuelles,
- valoriser durablement leurs terres,
- aligner les choix agricoles sur leurs objectifs patrimoniaux,
- disposer d’un suivi clair, documenté et rigoureux.
Notre valeur ajoutée repose sur trois piliers : transparence, sérieux et vision à long terme, au service d’une agriculture viable respectueuse de l’environnement et du patrimoine.
Le bail à ferme : un enjeu majeur pour la gestion durable du patrimoine agricole
Qu’il s’agisse d’un bail existant, d’une mise en location prochaine ou d’un projet de restructuration foncière, une gestion professionnelle du bail à ferme est indispensable.
SOGESA accompagne les propriétaires dans cette démarche en offrant un cadre clair, sécurisé et orienté vers la pérennité du patrimoine agricole.
Contactez-nous pour un diagnostic, un conseil personnalisé ou un accompagnement complet de vos biens agricoles.
